Comprendre et stopper les ruminations mentales.

Quel est ce mécanisme qui vous fait tourner en rond ? Comment définir cette vague émotionnelle qui vous prend au corps sans que vous n’en compreniez l’origine, et qui se répète encore et encore inlassablement ?  Pour l’expliquer, il est nécessaire de faire un (petit) voyage dans le monde merveilleux de votre cerveau et de vos émotions.

Pour que la lecture soit plus fluide, j’ai découpé le sujet en deux parties :

  • COMMENT CA MARCHE : LE CERVEAU // LA VAGUE ÉMOTIONNELLE
  • COMMENT S’EN DÉFAIRE : CLASSEMENTS DES ÉMOTIONS // REMÈDES AUX RÉACTIONS ET ÉMOTIONS PERTURBATRICES

 

Comment ça marche ?

Le cerveau

Petit rappel important pour comprendre la suite. Votre cerveau est composé de trois niveaux autant différents que complémentaires les uns aux autres.

En premier lieu le cerveau reptilien (ou archaïque) : c’est le pilote automatique. Il gère votre respiration, les mouvements inconscients, le métabolisme. Il assure la survie en cas de danger par sa fonction de déclencheur.

Ensuite vient le cerveau limbique (ou émotionnel) : le cerveau des composantes affectives. Il traite les émotions, la mémoire et le circuit hormonal. En cas de stress, il répond au cerveau reptilien et évalue la situation.

Puis le cerveau néocortex (ou cortical) : celui qui analyse. Il gère l’information, la stocke et la transforme en pensée. Mais son évaluation peut être imparfaite en fonction du jugement du cerveau limbique (composantes affectives).

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La vague émotionnelle

– Qu’est ce que c’est ? // Comment ça marche ? –

La vague émotionnelle c’est la réaction naturelle que déroule votre cerveau face à une situation. Les trois cerveaux y jouent un rôle. Voilà à peu près comment ça se présente :

1 – Un Déclencheur réveille le cerveau reptilien : externe (un serpent menace) ou interne (j’ai peur des serpents)


Montée en tension // Charge émotionnelle

2 – Vient alors des réactions physiologiques gérées par le cerveau limbique > le rythme cardiaque est  rapide, le corps agité, en sueur …

3 – Puis on a le comportement réactif (ex. la fuite, l’appel à l’aide …) là encore c’est le cerveau limbique qui travaille.

4 – Ensuite le cerveau cortical prend le dessus avec les pensées et croyances associées à la situation : identification de la menace > les serpents sont dangereux.


Relâchement // Décharge émotionnelle

5 – Enfin le cerveau cortical fait une identification de la vague d’émotion ex. j’ai eu peur.

Vague émotionnelle normale

Ceci est une vague émotionnelle normale. Tout marche comment il est supposé. Là où le problème s’installe, c’est quand il y a absence de décharge émotionnelle. C’est ainsi que l’on créé une personne anxieuse.

Sur la vague émotionnelle d’une personne qui rumine, le cerveau cortical à l’étape 5 entretient l’émotion par la pensée. La personne ressasse encore et toujours, il n’y a donc pas de décharge émotionnelle possible.

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– Les triggers émotionnels  –

Les triggers émotionnels sont des déclencheurs. Mais ceux là ont été créé par le cerveau cortical suite à une ancienne vague émotionnelle. Le cerveau a créé des connexions suite à un événement, et un seul petit détail suffit à ré enclencher une vague.

Exemple : Justin se fait agressé dans une ruelle sombre avec des bâtiments en brique rouge. A l’avenir, à chaque fois qu’il verra des briques rouges, Justin aura une bouffée d’anxiété qui remontera. Son cerveau cortical aura associé les briques rouges à une ancienne vague émotionnelle stressante pour lui. A la vue de ces briques rouges, alors même qu’il se sent parfaitement bien, une nouvelle vague émotionnelle se déclenche, qu’il comprenne ou non l’origine. Les briques rouges sont ici le trigger > elles déclenchent une nouvelle vague d’anxiété qui elle même nourrira la prochaine. Car plus le cerveau cortical de Justin entretiendra la pensée des briques rouges dans l’émotion du stress de son agression, plus le trigger se met en place, et plus il est difficile de le déloger.

 

 

Comment s’en défaire ?

Il est intéressant de pouvoir synthétiser et classer ces émotions. On peut ainsi aisément retrouver leurs racines ; et commencer le travail de réflexion.

Les émotions

– Dans la psychologie occidentale –

sydney-jackson-310576Dans la psychologie occidentale tout d’abord, on distingue 6 émotions mères : la joie, la tristesse, la peur, la colère, la surprise et le dégoût. Ni bonnes ni mauvaises, tout dépend s’il y a excès, qui pourrait jouer sur notre perception et notre intelligence face aux situations de notre vie.

On découpe ces émotions mères en multitudes d’émotions secondaires, chacune ayant sa particularité. On retrouve aussi les émotions sociales, qui elles ne sont pas innées, mais ont été acquises en société. Exemple :

La joie :

  • émotions secondaires : satisfait, passionné, enthousiasme, à l’aise, flatté, comblé…
  • émotions sociales : confiant, amoureux, flatté …

La tristesse :

  • émotions secondaires : déçu, désolé, nostalgique, blessé, abattu, affecté …
  • émotions sociales : humilié, jaloux, honteux, envieux …

La peur :

  • émotions secondaires :incertain, méfiant, soucieux, anxieux, tourmenté, désemparé…
  • émotions sociales : gêné, coupable, intimidé, méfiant, timide…

La colère :

  • émotions secondaires : exaspéré, hostile, irrité, nerveux, froissé, haineux, agressif …
  • émotions sociales : envieux, hostile, jaloux, haineux, coupable …

La surprise :

  • émotions secondaires : secoué, impatient, abasourdi, désorienté, insécure, épaté …
  • émotions sociales : impressionné …

Le dégoût :

  • émotions secondaires : aigri, blessé, mépris, incommodé, antipathie, désabusé…
  • émotions sociales : coupable, honteux, humilié …

 

– Dans la psychologie bouddhiste –

La psychologie bouddhiste classe les émotions selon trois catégories :

  • Les émotions positives : amour, amitié, compassion … Elles renforcent l’esprit et la confiance.
  • Les émotions neutres : émotions sans saveur, comme le ressenti que l’on pourrait avoir devant un objet inanimé.
  • Les émotions négatives ou perturbatrices : elles vous affaiblissent, brisent la confiance et nourrissent vos peurs. Les recueils bouddhistes en compte 84 000. Avec une base de six perturbateurs : l’attachement, l’aversion, l’ignorance, l’orgueil, le doute, les vues erronées.

 


Nous nous baserons sur cinq émotions perturbatrices pour développer la suite.

Le désir ou l’attachement se caractérise par un attachement à soi, son corps, une personne, des biens ou au bonheur.

La colère peut être une haine ou aversion contre quelqu’un.

L’ignorance peut être celle de son propre esprit, la non-reconnaissance du soi à proprement dit, errer dans le devenir.

L’orgueil se définie par une conscience aveugle sur ce qui ne va pas chez soi, mais le voit toujours chez les autres. Une frustration intérieur, une opacité mentale.

La jalousie est une émotion obsédante qui nous rend prisonnier et malheureux.


 

RÉPONDRE AU LIEU DE RÉAGIR

Voici un exemple de réactions automatiques face à un ou des événements. Vous réagissez sûrement selon l’une d’elle au quotidien.

ÉVITEMENT ⇒ On lutte contre la souffrance ou on l’évite, résiste // Cela amène beaucoup de fatigue à force de lutter

ATTACHEMENT ⇒ On s’accroche à ce qui est positif, on veut que ça continue // Cela amène tristesse et addiction

INDIFFÉRENCE ⇒ On cherche à se couper de ce que l’on vit, de ne pas entendre notre ressenti // On risque de se camper dans le mental et de ruminer sans cesse.

LÂCHER PRISE EN PLEINE CONSCIENCE

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Comment se détacher de ces réactions qui nous sont si naturelles ? 

Dans un premier temps, comprendre les émotions, leur origine et nature, est essentiel. Comprendre aide à pacifier. On peut cesser de les rejeter. Il faut les ressentir sans honte ni culpabilité. Essayer de les changer de manière rationnelle et intellectuel est inutile. Il est important de savoir que chaque émotion a son rôle à jouer, son lot d’expérience à nous apprendre. Ce sont des messages. Elles sont là pour nous guider vers la transformation et l’éveil.

Lors d’un stress, nous réagissons automatiquement. La première réaction ne peut être contrôler, elle dépend du cerveau reptilien, il est donc impossible de l’obstruer. Pourtant nous pouvons agir sur le cerveau limbique, traiter et répondre à l’émotion en place. Comprendre cette première réaction et les émotions qui y sont liées pour mieux y répondre lorsqu’elle se représentera. La méditation est encore votre meilleur allié pour poser un regard sur vous, observer comment votre corps et votre esprit fonctionne face à une situation. Elle aide à construire de nouveaux circuits hormonaux pour échapper à l’emprise de certains conditionnements. Je vous parlais de comment créer de nouvelles « autoroutes » (cheminement de pensée) à travers mon article La négativité me tuera que vous pouvez retrouver par ici.

Quelques pistes pour vous aider 

Face au désir/à l’attachement : Observer, examiner et analyser tout ce que représente l’objet d’attachement ou de désir en méditation. Lâcher mentalement la saisie que l’on exerce sur l’objet.

Face à la colère : La méditation de l’amour (je vous en partagerai une prochainement). Imaginer l’autre être nous et inversement.

Face à l’ignorance : Méditer avec des mantras. Transformer l’état d’ignorance en état de conscience, de reconnaissance de la nature de l’esprit.

Face à l’orgueil : s’imaginer avoir une attitude humble face à une situation.

Face à la jalousie : apprendre à se réjouir et à être heureux des bonheurs d’autrui.

 

 

Sources : La méditation de pleine conscience pas à pas, de Elisabeth Couzon.

4 réflexions sur “Comprendre et stopper les ruminations mentales.

    • lenarticles dit :

      ah je suis heureuse que tu trouves ça simple à suivre ! Je me suis dit en le publiant ‘mon dieu quel bordel ! personne va capter !’ haha
      Moi je tends plus vers l’attachement. Mais c’est bien de le savoir déjà, d’avoir conscience de notre manière de faire, c’est déjà la moitié du chemin !

      Aimé par 1 personne

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